mardi 12 avril 2016

En route pour Rochefort

Les Anciens de la Jeanne tiendront leur AG à Rochefort 15/6 au 20/6


la Corderie royale (c) JM Bergougniou

On m'a dit que beaucoup après Cherbourg et ses parapluies voulaient rejoindre Rochefort pour ses demoiselles...

et bien soit, qu'il en soit ainsi!


ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou

























Mais n'oubliez pas que Rochefort, outre sa corderie, son arsenal et ses troupes de Marine se rendit célèbre par son hôpital maritime et son école de médecine navale...


Cette dernière soignait tout...


des cheveux ... aux cors aux pieds...



Nous ne manquerons donc pas de visiter la bibliothèque de l'ancienne école de santé navale



ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


L'école de médecine navale de Rochefort a été fondée en 1722. C'est la première au monde. Pendant plus de 240 ans, elle forme les chirurgiens embarqués à bord des navires de guerre. En 1788, elle s’installe dans un pavillon du nouvel hôpital maritime, alors l’un des plus modernes du Royaume, où elle se trouve toujours. Les officiers de santé de Rochefort participent activement aux voyages d’exploration autour du monde. 

Portail ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


Les collections d’anatomie humaine, d’ethnographie et d’histoire naturelle ainsi que la bibliothèque s’accroissent et s’organisent sur les trois niveaux du bâtiment.

L’école se présente aujourd'hui telle qu'elle était au milieu du XIXe siècle. Lieu fort et émouvant, il ouvre sur une histoire dense où se mêlent science, technique, politique et société.



Depuis que je suis militaire
C'n'est pas rigolo... entre nous
Je suis d'une santé précaire
Et j'me fais un mauvais sang fou
J'ai beau vouloir me remonter
Je souffre de tous les côtés.




Bibliothèque ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


J'ai la rate qui s'dilate
J'ai le foie qu'est pas droit
J'ai le ventre qui se rentre
J'ai l'pylore qui s'colore
J'ai l'gosier anémié
L'estomac bien trop bas
Et les côtes bien trop hautes
J'ai les hanches qui s'démanchent
L'épigastre qui s'encastre
L'abdomen qui d'démène
J'ai l'thorax qui s'désaxe
La poitrine qui s'débine
Les épaules qui se frôlent
J'ai les reins bien trop fins
Les boyaux bien trop gros
J'ai l'sternum qui s'dégomme
Et l'sacrum c'est tout comme...
J'ai l'nombril tout en vrille
Et l'coccyx qui s'dévisse. 


ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou



tâche d'ancre ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


frondaisons ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


Bocaux ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


armoires à malices....  ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou





Refrain
Ah! Bon Dieu! qu'c'est embêtant
D'être toujours patraque
Ah! Bon Dieu! qu'c'est embêtant
Je n'suis pas bien portant.



sachant que 2 livres font un kilo... ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


Afin de guérir au plus vite
Un matin tout dernièrement
Je suis allé à la visite
Voir le major du régiment.
D'où souffrez-vous? qu'il m'a demandé
C'est bien simple que j'y ai répliqué
J'ai la rate qui s'dilate
J'ai le foie qu'est pas droit
Et puis j'ai ajouté
Voyez-vous c'n'est pas tout
J'ai les g'noux qui sont mous
J'ai l'fémur qu'est trop dur
J'ai les cuisses qui s'raidissent
Les guiboles qui flageolent
J'ai les ch'villes qui s'tortillent
Les rotules qui ondulent
Les tibias raplaplas
Les mollets trop épais
Les orteils pas pareils
J'ai le coeur en largeur
Les poumons tout en long
L'occiput qui chahutte
J'ai les coudes qui s'dessoudent
J'ai les seins sous l'bassin
Et l'bassin qu'est pas sain...


ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou
ancien hôpital maritime photo (c) JM Bergougniou


ancien hôpital maritime photo (c) JM Bergougniou

Refrain
Ah! Bon Dieu! qu'c'est embêtant
D'être toujours patraque
Ah! Bon Dieu! qu'c'est embêtant
Je n'suis pas bien portant.




ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou
ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou




ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


Avec une charmante demoiselle
J'devais me marier par amour
Mais un soir comme j'étais près d'elle
En train de lui faire la cour
Me voyant troublé, elle me dit:
Qu'avez-vous? - Moi, j'lui répondis.

J'ai la rate qui s'dilate
J'ai le foie qu'est pas droit
J'ai le ventre qui se rentre
J'ai l'pylore qui s'colore
J'ai l'gosier anémié
L'estomac bien trop bas
Et les côtes bien trop hautes.
J'ai les hanches qui s'démanchent
L'épigastre qui s'encastre
L'abdomen qui d'démène
J'ai l'thorax qui s'désaxe
La poitrine qui s'débine
Les épaules qui se frôlent
J'ai les reins bien trop fins
Les boyaux bien trop gros
J'ai l'sternum qui s'dégomme
Et l'sacrum c'est tout comme...
J'ai l'nombril tout en vrille
Et l'coccyx qui s'dévisse.
Et puis j'ai ajouté...
Voyez-vous c'n'est pas tout.
J'ai les g'noux qui sont mous
J'ai l'fémur qu'est trop dur
J'ai les cuisses qui s'raidissent
Les guiboles qui flageolent
J'ai les ch'villes qui s'tortillent
Les rotules qui ondulent
Les tibias raplaplas
Les mollets trop épais
Les orteils pas pareils




ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


J'ai le coeur en largeur
Les poumons tout en long
L'occiput qui chahutte
J'ai les coudes qui s'dessoudent
J'ai les seins sous l'bassin
Et l'bassin qu'est pas sain...
En plus d'ça j'vous l'cache pas
J'ai aussi, quel souci!
La luette trop fluette
L'oesophage qui surnage
Les gencives qui dérivent
J'ai l'palais qu'est pas laid
Mais les dents c'est navrant
J'ai les p'tites qui s'irritent
Et les grosses qui s'déchaussent
Les canines s'ratatinent
Les molaires s'font la paire
Dans les yeux c'est pas mieux
J'ai le droit qu'est pas droit
Et le gauche qu'est bien moche
J"ai les cils qui s'défilent
Les sourcils qui s'épilent
J'ai l'menton qu'est trop long
Les artères trop pépères
J'ai le nez tout bouché
L'trou du cou qui s'découd
Et du coup, voyez-vous,
J'suis gêné pour parler
C'est vexant car maint'nant
J'suis forcé d'm'arrêter...

ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou

Refrain
Ah! Bon Dieu! qu'c'est embêtant
D'être toujours patraque
Ah! Bon Dieu! qu'c'est embêtant
Je n'suis pas bien portant.



ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


ancienne école de médecine navale (c) JM Bergougniou


pour ceux qui n'en ressortaient pas... ancien hôpital maritime photo (c) JM Bergougniou


toutes les photos (c) JM Bergougniou

vendredi 1 avril 2016

Jeannelettre n°9

Jeannelettre n°9




Le mot du président par Lionel Fromage 


Les chapitres du roman 2014 de l’association viennent de se terminer. Maintenant nous allons commencer à ouvrir la première page d’un nouveau livre, celui de 2015. Avant tout, j’espère que toutes et tous avez passé d’agréables fêtes de fin d’année avec vos proches.

Vous devez savoir que mon nouvel habitat se situe dans le Morbihan, dans un charmant bourg nommé Grand-Champ. J’y ai déposé mes valises et mes godillots pour un certain temps..... Bien entendu, le siège social de notre emblématique association a suivi le déménagement. Afin de nous faire connaître plus largement dans le département du Morbihan mais aussi dans les alentours, deux journalistes sont venus me rendre visite chez moi, une de « Ouest-France » et l’autre du quotidien « La Gazette ». Un article est paru dans Ouest-France, l’autre est paru en fin d’année 2014. La journaliste du « Télégramme » n’a pas encore donné signe de vie !

2014 fut est un excellent cru pour nous tous. Courant mars, l’assemblée générale s’est déroulée dans un cadre agréable sur le canal Saint-Martin et la Seine à bord de la Guêpe Buissonnière. « Tu as voulu voir Paris et tu as vu Paris ... ». Ce fut une superbe journée malgré quelques facéties météorologiques.
Fin juin, les adhérentes et adhérents ayant voulu suivre le rythme proposé par l'organisateur, visitèrent la cité des corsaires, Saint-Malo, et ses environs sous la baguette magique de Jean- Michel Bergougniou habitant la noble cité de Tinténiac !!! Cette visite malouine nous a permis de rencontrer Paul Raux et son épouse qui passèrent la journée avec nous sur la Rance (lire son interview en page 11).

En octobre, je ne peux oublier notre Jeanne qui a quitté définitivement son port d'attache, Brest, pour rejoindre Bordeaux où elle sera déconstruite.
Ces principaux évènements furent repris dans les moindres détails dans nos précédentes « Jeannelettres ».

En 2014, de nouvelles adhésions sont arrivées et une est même venue, suite à l’article paru dans Ouest-France.

Suite au travail effectué courant novembre avec l'efficace collaboration de Jean-Michel Bergougniou, le projet de sortie du 18 au 22 juin sur Cherbourg est déjà bien avancé. Nous visiterons Cherbourg et ses environs, avec une matinée réservée pour l’assemblée générale. Une note informationnelle sur le programme prévu vous sera prochainement adressée.

Rappel : Pour participer à ces journées, les adhérentes et adhérents devront être à jour de la cotisation 2015 qui reste fixée à la modeste somme de 25 €. La date limite d’inscription est fixée au 1er mars 2015.

« La Jeannelettre », quel beau monument manuscrit! Je tiens à féliciter grandement mes collaborateurs : Jean-Jacques Dujardin, Alain Carpier, Nicole Capoulade et Jean-Michel Bergougniou pour les soins qu'ils apportent à la rédaction des anecdotes, des interviews, à la création des dessins humoristiques, à la narration des différentes étapes de la vie de la « Jeanne d’Arc », sans oublier les recettes de Tante Jeanne ni la mise en page et les corrections. Le travail est important mais l’équipe est fantastique et, grâce au dévouement de chacun, le résultat est là. Bravo !

Bien évidemment toutes vos propositions pour des améliorations seront à prendre en considération et n’oubliez pas que, si vous avez quelques anecdotes, des photos prises lors de votre passage sur la «Jeanne d’Arc», il vous faut contacter Jean-Jacques Dujardin (dujean2@wanadoo.fr) ou Nicole Capoulade (ncapoulade@yahoo.fr). N'hésitez pas, ils sont volontaires pour vous écouter.

J’espère que l’année 2015 sera à la hauteur de nos ambitions.

Au nom de l'équipe, je vous renouvelle mes souhaits pour cette nouvelle année qui, je l'espère nous permettra de nous retrouver le plus nombreux possible en juin prochain. Je vais maintenant céder la « plume » à mes compagnons de route mais, avant de clore cette page, je tiens à avoir une pensée pour ceux qui nous ont quittés en 2014 :

- En janvier 2014 ce fut Jean Chanrion, que certains ont certainement connu. Lors de la création de l'association, les premières réunions ont eu lieu dans son bistrot "Au vin des rues" à Paris.
- En août ce fut Georges Marty, un des piliers fondateurs de l’association.

J’adresse également tous mes voeux de prompt rétablissement à notre ami mais aussi pilier fondateur de l'association, Gaston Niard dit « la plume ».

Au grand plaisir de vous voir – Bon Vent – " Donemat en Breizh "





c


La marine sous toutes les altitudes



Texte de Georges Vignes adapté par Lionel et Jean-Jacques.



Le 8 mai 1945, c'est la fin des hostilités en Europe. Le croiseur Jeanne d'Arc, placé sous le commandement du CV Hourcade, assure les transports de troupes, les rapatriements et les démobilisations sur l’Afrique du Nord et le Liban. Parallèlement des cours de timoniers sont organisés à bord.

Le 19 novembre 1945, la Jeanne est en grande réparation à Oran.
Les cours de timonier sont terminés et le jour des examens est arrivé. Etant bien classé, je pourrai partir en permission 40 jours, sans compter les temps de voyage et l’attente à Toulon. Il faut dire qu'il y a huit mois que je n’ai pas revu les Pyrénées..... Pour cela il me faudra attendre que les premiers permissionnaires soient rentrés.

Une circulaire affichée au BSI demande s’il y a des volontaires pour aller passer 14 jours complets de repos en Autriche dans le Tyrol, à Oberlech, pour faire du ski.......
Les matelots, fatigués, refusent, sauf moi. Quelle drôle d’idée de décliner cette offre quand la Marine nous assure le transport, un séjour complet dans un chalet en haute montagne ! Mais cela fera perdre au bénéficiaire 8 jours de permission. Cependant, avec un capital de 40 jours, je peux me permettre d'en sacrifier 8 pour l'Autriche !

Sans difficulté je décide mon camarade timonier Fernand à m'accompagner. Originaire de Bordeaux, il n'a jamais vu la montagne et trouve l'idée lumineuse.
Nous serons deux sur tout l'équipage à partir en Autriche via Paris pour prendre notre ordre de « mission »... car nous étions en mission (de repos...)


Nous sommes en 1946 et nous allons rejoindre Marseille à bord du croiseur lourd Suffren. La traversée, avec une mer forte et un froid très vif, fut épouvantable. Elle dura 2 nuits et un jour, alors qu’avec la Jeanne 24 heures auraient suffi !!!!

A l'arrivée à Marseille, chacun de nous prit la direction de sa ville, Bordeaux pour Fernand et Lourdes pour moi, avec pour consigne de nous retrouver à Libourne le 31 janvier au train de nuit pour Paris afin d'accomplir notre « Mission » en Autriche.











Comme convenu, le 31 janvier, mon camarade Fernand se pointe au rendez-vous pour partir faire du ski en Autriche, vêtu d'une tenue de ville et de petites chaussures, un vrai play-boy bien plus habitué aux pistes de danse qu'aux pistes de ski. Quant à moi, je ne suis guère mieux loti avec mon pantalon vert des chantiers de jeunesse et 2 brodequins canadiens, l’une pointure 42 et l'autre 43, qui m’avaient été attribués lors de ma présence aux FFI.

Au petit matin, nous arrivons en gare d’Austerlitz. C’est notre première visite à Paris. Dans le métro ou dans les rues, les Parisiens marchent et courent dans tous les sens, c’est nouveau pour nous. Ce n’est pas croyable, nous sommes ébahis comme ... des provinciaux à Paris.


Le lendemain, nous partons quérir notre ordre de mission dans un centre dépendant du Ministère de la Marine, avenue Kléber. Oh là là, la place de l’Etoile, les Champs-Élysées, à 18 ans, nous n’en croyons pas nos yeux !
En soirée, munis de notre document, nous prenons la direction de la gare de l’Est. Il y avait beaucoup de militaires français et alliés mais très peu de marins. Le train pour Strasbourg étant complet, nous avons fait l'ensemble du voyage debout dans le couloir.

A Strasbourg, le pont de Kehl n’existant plus, nous franchissons le Rhin à pied sur des bateaux du génie. Le contrôle de l’armée vise nos ordres de mission. Il faut dire que des marins en ces lieux, en tenue très légère, attirent l’attention au milieu des capotes d’hiver et des manteaux.




En gare de Kehl, nous prenons la direction de Villingen et traversons la Forêt Noire avec un train ferraillant, sans vitres, tiré par une vieille locomotive poussive qui crache une horrible fumée noire. En fin de journée nous atteignons Lindau à la frontière autrichienne où, afin de nous changer et de nous restaurer, nous faisons une halte de 24 h dans un centre militaire.

En gare de Lindau, nous empruntons le train en direction de Bregenz-Innsbruck. Il a neigé et il fait très froid. Cependant, le paysage paraît plus sympathique et semble avoir moins souffert de la guerre.
Nous arrivons en gare de Langen, mais ici, personne ne parle le français et nous ne parlons pas l'allemand. Conformément aux instructions, à la sortie de la gare, nous devrions trouver un moyen de transport pour nous rendre à Oberlech.




Devant la station il n'y a personne, à l’exception d’une troïka avec cheval et cocher. Nous nous adressons au cocher par gestes et lui présentons l’ordre de mission bleu, blanc, rouge où est mentionné Oberlech.


Sans rien demander de plus, le brave cocher nous installe dans la troïka, nous enveloppe avec des couvertures et...hue ! en avant ! Les pompons rouges en troïka, cela valait le coup d’œil. Nous franchissons le col de Flexenpass à 1784 mètres puis traversons Zurs, Lech et Oberlech, un hameau magnifique en plein Tyrol, au fond d’une vallée.
Ce voyage original dura 4 heures. Pauvre cheval!





Arrivés à bon port, nous prenons possession des chambres bien chauffées avec salle de bains, très confortables. Les mois de hamac sur la Jeanne sont vite oubliés.
Le lendemain, nous partons accomplir notre "mission" et allons louer des skis puis nous nous inscrivons pour les cours. Notre moniteur Hans Muller, ancien champion olympique, fitpreuve de beaucoup de patience et pardonna aux pauvres marins leur style de skieurs et leurs nombreuses chutes. En guise d'excuse, nous lui avons expliqué qu’en Afrique, le climat ne se prêtait pas au ski....





Tous les jours, cet ancien champion nous accompagne en randonnée avec notamment une ascension qui nous monte à 2450 m. C'est donc avec zèle que nous accomplissons notre mission.

Malheureusement, tout à une fin et nous n’avons pas vu passer les 15 jours dans la neige. Après avoir fait nos adieux à nos hôtes, nous retrouvons le cocher et le cheval pour nous ramener à Oberlech avant de reprendre le train pour Langen puis Bregenz.

Après avoir passé la nuit à Bregenz, chez les chasseurs alpins, nous prenons le même train sans vitres et toujours aussi poussif en direction de Strasbourg. Malgré les courants d'air, la fumée et le froid sibérien, nous arrivons enfin à Kehl. Nouvelle traversée du Rhin sur des péniches, visa de l’armée française à Strasbourg puis, dans un confort précaire, nous regagnons Paris, puis nos villes respectives. En principe il me restait encore une quinzaine de jours de permission



RETOUR DE MISSION


Après cette longue permission, Fernand et moi devions rejoindre le croiseur !!! Nous avions convenu de nous retrouver en gare de Toulouse pour rejoindre le dépôt de Toulon.
En gare de Toulon, nous prenons la direction du 5ème dépôt, à pied et dans une poussière épouvantable au milieu des ruines. Avec valise et sac marin sur le dos, nous arrivons harassés mais réconfortés à « Bon Rencontre », troquet connu de tous les marins, pour un arrêt casse- croûte.

Arrivés au Dépôt et les formalités traditionnelles effectuées, nous sommes en attente d’un prochain bateau pour regagner Oran.
La semaine suivante, c'est l'embarquement à Marseille sur le porte-avions Dixmude pour notre destination, Oran.

Après 2 jours de traversée, nous retrouvons la Jeanne au mouillage en fond de rade, abandonnée et sans équipage. En effet, suite au décès d’un télémétriste atteint du typhus, l’équipage avait été débarqué et le bâtiment mis en quarantaine et désinfecté.
Nous sommes pris en charge par l’infirmerie pour les vaccins réglementaires et, 15 jours plus tard, nous regagnons notre vaisseau où le « bidel », dans sa magnanimité, se contente de relever notre périple en compulsant les dates des gares, des centres où nous avions transité.

Notre mission avait été accomplie. – Vignes Georges – QM Timonier -